Comment maîtriser l'approvisionnement et la production écologiques ?

Selon une étude de la Fevad, un achat en ligne génère 4 fois moins de CO2 qu’un achat traditionnel en magasin. Un bon point pour votre entreprise de e-commerce ! Mais être écoresponsable n’est pas inné : pour avoir un impact écologique positif, l’ensemble de votre chaîne logistique doit être pensée dans ce sens. En tant que gérant d’un e-commerce, prendre part aux enjeux du développement durable fait partie de votre responsabilité sociétale. La production et le sourcing sont les premières étapes de la supply chain, celles où tout se joue !

Par
Julie Ribeiro
Créé
2 juillet 2020
Modifié
2 juillet 2020

Adopter un comportement responsable au quotidien, avec le green sourcing

Du choix des matières premières au processus de fabrication, en passant par le pays de fabrication, tout peut avoir une influence votre impact environnemental.

Dans le cadre de votre démarche éco-logistique, passer par la production locale et utiliser des matières géographiquement proches est une étape obligatoire. Mais produire local, est-ce vraiment intéressant ?

Pour répondre à cette question, Bigblue a interviewé trois marques de e-commerce à la logistique différente :

  • Cabaïa : marque responsable de e-commerce spécialisée dans les accessoires textiles (bonnets, chaussettes, sac-à-dos, pochettes…). Son objectif est d’améliorer ses processus, et d’utiliser des matériaux recyclables recyclés pour réduire son empreinte écologique
  • Né à : entreprise vendant des dermo-cosmétiques pour les nouveaux nés, Né à fournit des produits éco responsables qui peuvent être utilisés en clinique et achetés en ligne. Sa préoccupation première : la transparence de ses dermo-cosmétiques. Né à ne produit qu’en France, et met un point d’honneur à respecter les certifications écologiques et à utiliser des packagings 100% éco-responsables
  • Loom : marque de e-commerce de vêtements pour homme, l’objectif de Loom est de rendre le vêtement le plus durable possible, à des prix abordables. La fabrication est pensée pour assurer la longévité du textile, toujours dans le respect de l’environnement

Les processus de production de ces trois marques sont tous trois axés vers la protection de l’environnement et l’éco-responsabilité. Affirmer l’engagement environnemental et éthique de votre e-commerce peut impliquer de faire certains choix, et d’adapter votre logistique de production aux circonstances.

De la production made in Europe aux transports de marchandises, en passant par la multimodalité : réduire son impact sur l’environnement, c’est possible !

La réduction des impacts environnementaux : production made in Europe

Baser votre production en Europe peut être beaucoup moins polluant que fabriquer vos produits à l’étranger. Ceci dit, produire en Europe et même partout dans le monde n’est pas toujours un choix, même si vous pouvez tirer le meilleur de la situation afin d’être plus responsable écologiquement.

L’écolabel et la démarche de développement durable de votre e-commerce

L’obtention de labels européens durables pour votre marque de e-commerce est un bon moyen d’affirmer votre orientation éthique. Oeko-Tex, Bluedesign, PVC Free… Il existe tout un pannel de labels, qui permettent à vos consommateurs d’en savoir plus sur vos priorités de fabrication.

Que ce soit pour la traçabilité des ingrédients, la provenance des matières premières ou les conditions de travail, avoir un écolabel européen permet de verrouiller certaines garanties, et d’assurer la transparence de votre marque. 

Par exemple, l’ensemble de la chaîne de production de Né à est certifié Ecocert, du fournisseur au donneur d’ordre. Ainsi, les consommateurs qui achètent un produit Né à savent qu’ils choisissent des produits biologiques, issus du commerce équitable traditionnel.

De la même manière, Cabaïa fabrique des tongs en Asie, à cause du manque d’usine et d’expertise en France. N’étant alors pas couverte par un écolabel, la marque prend soin de travailler avec des partenaires éco-responsables, certifiés Fair Wear, GOTS (textiles organiques), GRS (procédés de recyclage) et BSI (produits respectueux de l’environnement).

En plus de s’inscrire dans une démarche écologique plus que positive, les labels permettent une communication facile avec vos acheteurs. En passant commande chez vous, ils savent à quoi s’attendre : et une attitude écologique est toujours meilleure qu’une image polluante et irrespectueuse ! 

La mode éthique de l’exportation respectueuse de l’environnement

Qui dit fabrication à l’étranger ne dit pas forcément catastrophe éthique écologique. En effet, peu importe votre implication environnementale, vous pouvez être contraint d’exporter votre chaîne de production à l’étranger en fonction des catégories de produits. Mais cela ne remet pas forcément en cause votre politique environnementale de marque engagée.

Pour reprendre l’exemple de la marque française Né à, qui fabrique ses produits exclusivement en France : un tel fonctionnement est possible parce que les expertises et usines de dermo-cosmétiques se trouvent en France. Sinon, l’entreprise aurait peut-être été contrainte de délocaliser sa production éthique.

Tout comme Loom, qui a préféré exporter la fabrication de ses vêtements et accessoires au Portugal, berceau de l’industrie textile. La production est encadrée par les lois européennes, qui assurent la qualité de la production et des conditions de travail. Sans oublier le fait que les équipes de Loom peuvent se rendre sur le terrain à tout moment, afin de constater la réalité et les enjeux du marché. Lors de son interview avec Bigblue, Clément Potier de Loom a affirmé “Se rendre sur place vaut tous les audits du monde”.

De manière plus extrême, Cabaïa, a été contraint de s’exporter en Asie pour fabriquer des tongs, à cause de l’absence d’expertises et d’usines en France. Ceci dit, son choix de partenaire et ses labels écologiques Oeko-Tex et Vegan permettent vite de comprendre qu’exportation n’est pas synonyme de pollution abusive.

Ainsi, exporter sa fabrication à l’étranger ne veut pas forcément dire qu’un e-commerce ne garde pas un oeil sur la production et la réalité des circonstances. Vous pouvez donc exporter votre logistique, tout en restant une entreprise consciente et proche de ses produits !

Le bon choix de transport, essentiel dans votre démarche éco responsable et éthique 

Au-delà de la localisation de l’usine de fabrication, d’autres étapes de la chaîne logistique comme le transport de marchandises peuvent avoir un impact décisif sur le bilan carbone de votre e-commerce. Entre l’avion, la voie routière, ferroviaire ou maritime, le choix peut être compliqué !

L'engagement durable sans passer par les airs

À la hauteur de sa réputation,  l’avion est le deuxième transport de marchandises le plus polluant. Si l’utilisation du fret aérien est justifiable en cas de transport de marchandises périssables ou en cas de livraison d’urgence, elle reste une véritable catastrophe écologique.

Fort heureusement,  l’avion n’est utilisé que pour 5% des flux de marchandise. Il s’agit d’un moyen de transport coûteux, peu écologique et sujet à des retards.

Les produits transportés par voie aérienne sont souvent contrôlés, ce qui peut ralentir les livraisons et limiter le nombre de trajets effectués.

Ceci dit, ces restrictions n’empêchent pas certaines marques de mode de la fast fashion d’envoyer leurs commandes par avion pour travailler en flux tendu. De manière totalement opposée aux principes éthiques de Loom, les grandes entreprises ont tendance à créer constamment des nouvelles collections. Ce fonctionnement a de grandes conséquences environnementales, puisque 4% de l’eau potable mondiale est utilisée pour leur production. Sans oublier le fait que les marchandises sont amenées par avion, pour finir parmi les 4 millions de tonnes de textiles qui sont jetées chaque année en Europe ! 

Alors comme l’affirme, Lorraine Borriello, directrice des opérations chez Cabaïa, “Bien que ce soit un produit écologique et respectueux de l’environnement, moins on produit meilleur c’est”. Surtout quand il faut l’acheminer par avion !

Les voies routières, maritimes et ferroviaires : la balance des impacts environnementaux

Heureusement, l’avion n’est pas le seul moyen de transport de marchandises : il reste le camion, le bateau et le train.

  • Le transport routier :

En ce qui concerne le transport routier, il prend en charge90 % des flux de marchandises et est en conséquence responsable de 30% des émissions de gaz à effets de serre. L’utilisation du camion est très pratique. Les itinéraires sont adaptables en fonction des tournées, et relier les axes entre eux n’est pas impossible. En outre, il est possible d’attendre que les commandes s’accumulent avant de faire partir un camion : avantageux écologiquement, et économiquement ! 

Ceci dit, même si c’est un moyen pratique et écologique, les camions rejettent quand même des micro-particules extrêmement polluantes dans l’air. Sans oublier le fait qu’ils peuvent être ralentis à cause du trafic, et créer eux-mêmes de véritables goulots d’étranglement sur les routes.

Beaucoup plus éco-friendly que l’avion, le transport routier est utilisé par Né à, Cabaïa et Loom. Refusant l’idée du transport express, Loom a affirmé “On vend des chaussettes, on ne sauve pas des vies. Les gens peuvent attendre 48h ou 72h de plus”.

  • Le bateau :

Pouvant contenir 10 à 15 fois plus de marchandises qu'un camion, le bateau est une excellente alternative, moins polluante. Cabaïa et Loom font par exemple venir leurs produits et matières premières par bateau, ce qui prend plus de temps que par avion mais est amplement plus vert.

Les voyages en bateau ne sont pas faits à vide, et toutes les marchandises peuvent être livrées en toute sécurité. En effet, pour 200 accidents liés au transport de marchandise, seul 1 concerne les bateaux. Que ce soit par voie maritime ou fluviale, les bateaux peuvent être plus lents, mais ils sont plus sûrs et moins polluants (même si l’utilisation d’un mauvais carburant peut entraîner un rejet de micro-particules).

  • Le train :

Très bonne alternative au bateau et même au camion, l’utilisation de voies ferroviaires est beaucoup plus éco-responsable car émet moins de CO2. En plus, l’énergie utilisée pour le fonctionnement du train peut être électrique et verte. 

Le China-Europe Railway Express

De plus en plus de lignes ferroviaires réservées aux marchandises sont développées. Par exemple, en 2011, le China-Europe Railway Express a vu le jour. Une ligne ferroviaire de plusieurs milliers de kilomètres, qui relie la Chine à de nombreux pays d’Europe, dont la France.

Le train est une option 2 fois plus chère que le bateau, mais 2 fois moins chère que l’avion. Ceci dit, il y a un mais : on ne sait pas forcément d’où provient l’électricité qui le fait avancer : charbon, nucléaire, verte ?

La multimodalité, solution pour une entreprise respectueuse de l’environnement ?

Chaque moyen de transport de marchandises a ses avantages et ses inconvénients d’un point de vue écologique. Pour votre marque de e-commerce, la solution ultime ne se cache pas forcément dans un seul moyen de transport, mais peut-être dans plusieurs.

En combinant les avantages de plusieurs moyens de transport, vous pouvez privilégier l’efficacité de la livraison mais aussi la préservation de l’environnement. La multimodalité pourrait réduire les émissions de gaz à effet de serre de 35% à échelle nationale. 

En plus de son efficacité écologique, le transport combiné permet de personnaliser les itinéraires en fonction des tournées et de les optimiser d’un point de vue économique. Ce qui peut ne pas être négligeable, sur le long terme !

Ceci dit, modifier chaque trajet et calculer les moyens de transport qui valent le plus la peine en fonction des tournées requiert une certaine organisation. Pour vous délester de ce poids, faire appel à un logisticien professionnel peut être une option agréable.

Peu importe votre choix, sélectionner les modes de transport a un impact direct sur votre charte écologique.

Affirmez votre démarche environnementale avec les solutions écologiques qui vous correspondent !

En tant que e-commerce, il est parfois impossible de produire toutes les marchandises en France. En fonction des catégories de produits que vous vendez, vous pouvez vous retrouver contraint d’exporter votre production à l’étranger, pour vous rapprocher d’une expertise ou d’une usine de fabrication.

Mais s’exporter n’est pas forcément une catastrophe écologique ! Même si vous n’avez pas le choix de l’endroit, vous avez le choix du moyen.

Assurez-vous que la production de marchandises se fasse de la manière la plus verte possible. Renseignez-vous sur les labels écologiques, suivez les directives environnementales, et surtout, sélectionnez les bons moyens de transport.

Ceci dit, les moyens de transport adaptés ne seront pas toujours les mêmes en fonction du trajet à effectuer. Pour ne pas polluer inutilement, vous pouvez exploiter les principes de la multimodalité. Utilisez un camion, une péniche, un bateau et/ou un train pour optimiser votre trajet, sans trop émettre de gaz à effets de serre !

Dans tous les cas, vous pouvez choisir de travailler avec un logisticien à votre écoute, qui prend vos priorités en considération et s’adapte aux situations.

Du lieu de production aux moyens de transport, vous avez toutes les cartes en main pour passer au green sourcing !

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Julie Ribeiro
Spécialiste Marketing et rédactrice de contenu chez Bigblue.
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